Publié le 24 février 2026
Reconnecter la jeunesse au terroir et à la Nature
CONTEXTE ET CONCEPT ONE HEALTH
Le PETR du Pays de Sarrebourg, regroupant la Communauté de communes de Sarrebourg Moselle Sud et celle du Pays de Phalsbourg, porte, notamment, deux projets d’envergure : la Réserve de biosphère de Moselle Sud (RBMS) et le Projet alimentaire territorial du Pays de Sarrebourg (PAT). Les liens entre les thématiques biodiversité et alimentation/agriculture ne sont aujourd’hui plus à démontrer. C’est le cas notamment au travers du concept systémique « One health » ou santé globale, qui met en évidence la convergence et les interrelations entre la santé environnementale, la santé humaine et la santé animale, ou bien encore dans la vision pyramidale des objectifs de développement durable
Le PETR du Pays de Sarrebourg au travers de ces deux programmes vise notamment à préserver et développer les conditions de cohabitation Homme – Nature. ; c’est pourquoi l’éducation à l’environnement et à l’alimentation durable et de qualité sont une priorité tant pour la RBMS que pour le PAT, afin d’y sensibiliser les jeunes générations mais aussi plus largement les habitants du territoire.

De son côté, le Chef triplement étoilé Mauro COLAGRECO, outre son engagement pour une alimentation saine et durable, est particulièrement investi dans la préservation de la biodiversité. Il soutient une gastronomie circulaire, respectueuse par essence, nécessaire et visionnaire, elle a pour vocation de renouer profondément avec la nature, et de réconcilier la parfaite maîtrise des techniques de cuisine avec un véritable engagement sociétal. Sa volonté fervente de préserver la planète, ses ressources et sa biodiversité, afin d’assurer un avenir aux enfants de la terre, est inscrite dans un manifeste proposant un ensemble d’actions concrètes, non exhaustives pouvant être mises en place. De par ses engagements, il devient en 2022 le premier chef cuisinier à être nommé par l’UNESCO Ambassadeur de bonne volonté pour la biodiversité.
Lors de la COP16 Biodiversité à Cali, Mauro Colagreco a lancé un appel solennel, afin que tous les gouvernements, organisations internationales, dirigeants, éducateurs et citoyens unissent leurs forces en vue de créer un programme mondial pour apprendre aux enfants à faire de meilleurs choix alimentaires au quotidien.
Suivant sa conviction profonde qu’en changeant la façon dont nous produisons notre nourriture, nous changeons notre alimentation, nous changeons notre société, et ainsi nous changeons nos valeurs, Mauro Colagreco – avec l’aide des réserves de biosphère – souhaite créer ce programme éducatif mondial intitulé “Graines d’Avenir” qui invite à repenser totalement l’approche à l’alimentation pour protéger la biodiversité au quotidien. C’est donc tout naturellement qu’un territoire comme le nôtre, porteur à la fois d’une réserve de biosphère et d’un projet alimentaire territorial, est apparu comme une évidence pour devenir pilote dans le développement du projet « Graines d’avenir » aux côtés du Chef Mauro Colagreco et de ses équipes, en s’appuyant sur les actions déjà existantes et en les amplifiant.


LES OBJECTIFS DU PROJET
Reconnecter les générations futures à la nature, à la biodiversité, à une alimentation durable, locale et citoyenne, tout en comprenant l’importance d’agir aujourd’hui pour les favoriser ou préserver ;
Diffuser et sensibiliser plus largement l’ensemble des habitants et visiteurs du territoire, autour de ces informations et principes, afin de toucher le plus grand nombre ;
Faire découvrir, donner à voir et valoriser les savoirs faire du territoire ainsi que les actions porteuses de sens et de ces valeurs, mais aussi les femmes et les hommes qui les mettent en œuvre au quotidien ;
Partager les valeurs fondamentales portées par le projet à travers le réseau mondial des réserves de biosphère. L’idée de réplicabilité est nécessaire, tout en étant bien conscient que le projet devra par la suite être adapté à chaque territoire.
DESCRIPTION DU PROJET
Le présent projet s’appuie sur des actions concrètes et déjà existantes au sein de la RBMS et du PAT. Il permet d’amplifier cette transmission aux générations futures, en proposant des actions concrètes, pérennes, et transposables à d’autres territoires de biosphère. Ainsi, le projet s’appuiera en premier lieu sur les Aires Terrestres Educatives (ATE) mise en place par la RBMS. Il s’agit d’écoles et de collèges du territoire qui s’engagent dans une école du dehors et permettent au travers d’ateliers tout au long de l’année de faire renaitre le lien et la reconnexion à la nature. Ces ATE, qui touchent aujourd’hui 250 élèves, semble effectivement un outil particulièrement adapté pour mettre en œuvre ce projet de par leur caractère très concret et les méthodes d’apprentissage ludiques qui y sont pratiquées. Ce projet peut être une belle opportunité pour valoriser et donner à voir ce qui se pratique dans ces ATE, permettre d’y sensibiliser d’autres classes de l’établissement, d’autres établissements, mais aussi les familles et plus largement les visiteurs de ces sites.
Le projet s’appuiera sur la plantation de forêts comestible dans chaque ATE, soit une forêt pour environ 60 élèves.
Il s’agit de s’inspirer des écosystèmes forestiers naturels pour produire de la nourriture tout en favorisant la biodiversité. Il s’agit donc d’un outil qui rentre pleinement dans les objectifs du projet. En outre, les élèves des ATE ont déjà commencer à planter des arbres : pommiers, poiriers, mirabelliers, sorbier, cormier. La forêt comestible s’inscrit donc bien dans la continuité des actions déjà mises en place sur les ATE, en venant les amplifier et les renforcer. En outre, il s’inscrit dans le temps, les résultats étant à observer non pas immédiatement mais pour les premiers sur les mois suivants et pour beaucoup sur les années suivantes. Le projet est ainsi pensé pour qu’il y ait une transmission entre les élèves de ce qui a été fait, mais également pour qu’ils puissent le suivre sur plusieurs années.
Lors des plantations, des associations locales spécialisées (arboriculteurs ou autres) seront associées afin qu’ils apportent leur expertise, la transmette, mais également pour prévoir l’entretien et le suivi dans le temps. Tout un travail sera réalisé préalablement et lors des plantations avec les élèves afin de les acculturer au concept de forêt comestible et les sensibiliser à tout ce qu’il regroupe et montrer l’intérêt d’un tel projet.
Des éléments de communication autour de la forêt comestible seront nécessaires, ces projets étant par nature tournés vers l’information et la sensibilisation du grand public.
Le Conseil Scientifique de la réserve de biosphère de Moselle Sud appuiera d’un point de vue scientifique les élèves.

Des temps de sensibilisation seront prévus lors de chaque journée de mobilisation des ATE :
La biodiversité
La forêt comestible
Adaptation au changement climatique
L’alimentation durable
De la graine à l’assiette
La saisonnalité
Le goût
Les liens entre alimentation/santé/biodiversité
Les produits bruts et la transformation
Les productions du territoire
Le gaspillage alimentaire
Le retour au sol
Un partenariat sera établi avec l’École Comestible, association qui a pour mission de faire entrer l’éducation à l’alimentation et au goût dans les écoles, dans la vie des enfants et de leur famille. Créée par Camille Labro, elle œuvre pour la mise en place de programmes d’ateliers de la terre à l’assiette au sein des écoles, la création de potagers pédagogiques dans les écoles et hors les murs, et un accompagnement dans l’amélioration des cantines scolaires.

Les élèves partiront à la découverte du terroir et de ses savoirs-faire
Il est primordial qu’un tel projet s’ancre concrètement dans le territoire, et valorise les savoir-faire dont il regorge. Ainsi, les producteurs locaux qui souhaitent s’engager dans le projet permettront de montrer aux élèves ce que sont les productions vertueuses de notre territoire et comment elles sont mises en œuvre. Ainsi lors du dernier atelier des ATE des visites d’exploitations agricoles seront organisées.
De la même façon, notre territoire dispose de chefs reconnus et engagés, un tel projet ne pourrait voir le jour sans qu’ils y soient pleinement engagés. Des ateliers seront organisés avec eux. Ils pourront aborder de nombreux sujet et permettre aux enfants de cuisiner autour d’une thématique choisie par le chef. Nous disposons également de lieux d’enseignement qu’il semble primordial d’associer : l’UFA Christelle BRUA, le lycée professionnel Dominique Labroise ou encore le lycée professionnel la providence.
La dernière journée d’ATE, pourra en particulier être tournée plus spécifiquement sur cette découverte du terroir et des savoir-faire. Outre les visites d’exploitation, un déjeuner pourra être préparé à partir des produits des producteurs locaux engagés, par les chefs du territoire, les élèves de l’UFA et du lycée professionnel. Outre ces acteurs, les associations du territoire en lien avec les thématiques seront également mobilisées.
