Publié le 20 août 2025

Qu’est-ce qu’un Atlas de la Biodiversité Communale ?
Un Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) est un outil de l’Office Français de la Biodiversité qui a pour but d’augmenter le niveau de connaissance sur le patrimoine naturel d’une ou plusieurs communes, en impliquant la population locale, les écoles, les élus, les associations.


Les canaux de Moselle Sud
L’ABC des canaux de Moselle Sud concerne dix communes de la Réserve de biosphère. Leur point commun est d’être traversées par le canal de la Marne au Rhin et de posséder d’anciens tronçons désaffectés de canal où la biodiversité s’exprime à nouveau.
Le canal de la Marne au Rhin, construit dans les années 1850, fut tout d’abord utilisé pour le transport de marchandises. Cependant le canal voit cette activité se détériorer avec l’essor des flux de marchandises routiers, au début des années 70. C’est également à cette époque que le canal est modernisé, avec notamment deux ouvrages remarquables. Le premier est le plan incliné de St Louis-Arzviller, qui remplace 17 écluses réparties sur 3,9km, entre les villages de Arzviller et Henridorff. Le deuxième ouvrage est la grande écluse de Réchicourt-le-Château, une écluse de 15,7m de haut, qui remplace 6 écluses rapprochées. Depuis la construction de ces deux ouvrages et l’abandon de l’exploitation commerciale du canal, les écosystèmes repeuplent donc des tronçons des anciens canaux de la vallée des éclusiers et de l’étang de Réchicourt, les laissant ainsi livrés à la nature.
Les communes faisant partie de l’ABC sont donc réparties autour de ces deux sites, avec six communes autour de Réchicourt-le-Château et quatre autour de la vallée des éclusiers. (Voir carte ci-dessous)




les ACTIONS DE L’ABC
La mise en place de cet atlas passe par des actions variées, échelonnées sur une période de trois ans, entre 2025 et 2028
- Le recueil des données déjà existantes & inventaires : afin de de recenser au maximum la diversité de la faune et la flore des communes étudiées, et de mettre en valeur les zones à enjeux. Ce volet permet d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel du territoire.
- La sensibilisation du public et du réseau associatif : avec la formation des associations locales sur les inventaires réalisés, et une mise en pratique sur le terrain. Chaque campagne de recensement fera l’objet d’un inventaire participatif permettant aux partenaires et au grand public de se rencontrer. De plus, une conférence scientifique synthétisant les données récoltées et les analyses qui en découlent sera organisée. Les résultats seront intégrés à l’Aire Terrestre Educative déjà existante du côté de Réchicourt, et une autre ATE sera créée dans la vallée des éclusiers.
- La synthèse des données : les résultats et les cartographies seront accessibles au grand public en format numérique, et un exemplaire papier sera disponible dans chaque commune du projet.
- Le volet artistique permettra de finaliser le projet, et de valoriser et sensibiliser le public, en reflétant la biodiversité de chaque site. Il prendra la forme d’une exposition photographique permanente, ainsi que de céramiques en grand format. Ces deux créations artistiques seront installées autour de Réchicourt et de la vallée des éclusiers.
Les observateurs naturalistes


Cet atlas nécessite des interventions d’observateurs naturalistes afin de réaliser des inventaires variés de faune et flore. L’ensemble de ces inventaires sont coordonnés par le réseau associatif ODONAT Grand Est. Des inventaires de biodiversité potentielle sont réalisés en complément par le PETR du Pays de Sarrebourg. Ci-dessous les différents inventaires qui sont réalisés et les structures qui s’en chargent.

Les inventaires de biodiversité potentielle (IBP)

Les forêts abritent une grande part de la biodiversité terrestre :
des dizaines de milliers d’espèces de végétaux, d’animaux, de champignons et d’organismes microscopiques y interagissent.
En France, la grande majorité des forêts font l’objet d’interventions humaines (récoltes de bois, plantations…) qui transforment plus ou moins fortement et durablement le milieu naturel.
L’IBP permet justement de mesurer cette biodiversité. Indicateur simple et rapide à relever, il permet d’évaluer le potentiel d’accueil d’un peuplement forestier pour les êtres vivants (plantes, oiseaux, insectes), et d’identifier les points d’amélioration possibles lors des interventions sylvicoles.
L’IBP relève 10 facteurs clés :
- Les essences autochtones
- La structure végétale de la végétation
- Le bois mort sur pied
- Le bois mort au sol
- Le très gros bois vivant
- Les dendromicrohabitats
- Les milieux ouverts
- La continuité temporelle de l’état boisé
- Les milieux aquatiques
- Les milieux rocheux

Ces caractéristiques sont à relever sur la parcelle choisie, avec un cheminement variant selon la taille de cette dernière. Dans le cas du projet ABC, les parcours ont tous été réalisés en plein, c’est-à-dire un cheminement dans toute la parcelle, car l’étendue des zones ne dépassait pas 8ha.
Un score compris entre 0 et 5 est attribué à chaque facteur selon les éléments observés.
L’addition de ces scores permet de situer le peuplement dans un gradient de faible à forte capacité d’accueil pour la biodiversité. Il est possible de cerner les éléments précis qui pourraient être favorisés pour augmenter ce score, ou au contraire ceux qui sont suffisamment présent.
Le diagnostic IBP est un outil assez pratique car il ne nécessite ni mesures complexes ni connaissances naturalistes particulières, exceptées sur les essences d’arbres. Un individu inexpérimenté peut donc le réaliser aisément. C’est un outil qui a été développé par le centre national de la propriété forestière (CNPF) et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE).
Dans le cadre de l’ABC des canaux de Moselle Sud, des IBP ont été réalisés dans chacune des 10 communes du projet.